La science confirme ce que savait déjà la religion : pardonner est bon pour la santé

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« Tout est pardonné », c’est ainsi que s’intitule le Charlie hebdo de ce mercredi 14 janvier. Il est vrai que le pardon s’avère bénéfique sous bien des aspects, tant physiques que moraux.
Atlantico : La capacité à pardonner présenterait selon plusieurs études universitaires nord-américaines (lire ici en anglais) un certain nombre de bénéfices pour la santé, allant de l’amélioration du sommeil à l’allongement de l’espérance de vie en passant par la diminution de la pression artérielle. Dans quelle mesure le pardon contribue-t-il à favoriser notre santé, et pour quelles raisons ?
Philippe Rodet : Avant d’analyser les bienfaits du pardon, il peut être riche d’enseignements d’examiner, par effet miroir, quels sont les effets néfastes du ressentiment. En effet, le fait d’éprouver de la rancœur à l’égard de quelqu’un ne lui cause pas de mal, mais rend la vie singulièrement douloureuse, au sens premier du terme.

De récentes études[1] montrent que le ressentiment produit une élévation des émotions négatives. Celles-ci impactent le corps, tant au niveau cardiaque, entraînant une élévation de la pression artérielle qu’au niveau de l’activité électrique du cerveau notamment au niveau du lobe frontal. On constate sur le long terme, une altération de la santé physique générale chez les personnes rancunières. Ces personnes souffrent aussi plus souvent de maux de tête, de troubles digestifs, de douleurs lombaires, d’anxiété voire de dépression[2]

A contrario, les thérapeutes qui travaillent avec des victimes de traumatismes, connaissent depuis longtemps les vertus du pardon. Ils ont, par exemple, remarqué que le soulagement apporté par le pardon, favorise les capacités d’adaptation et la guérison de ces personnes.

Les effets bénéfiques du pardon ont été plus largement étudiés par les chercheurs depuis une quinzaine d’années. Ils ont ainsi remarqué que le pardon constitue un excellent moyen pour diminuer la colère, la dépression, l’anxiété et diverses autres émotions négatives[3]. Par ailleurs, les personnes capables de pardonner sont en moyenne plus satisfaites de leur vie. Et après avoir pardonné, celles-ci sont plus confiantes en l’avenir et ont une meilleure estime d’elles-mêmes ![4]

Si le ressentiment est générateur d’émotions négatives et de stress, le pardon va au contraire diminuer les émotions négatives et le niveau de stress, il aura donc une action bénéfique sur la santé. A titre d’exemple, il améliore la qualité du sommeil, diminue la pression artérielle… contribuant ainsi à augmenter l’espérance de vie.

Dans quels cas le fait de pardonner a-t-il pu jouer un rôle véritablement salvateur, tant sur le plan physique que psychique ?
Il est tentant de penser à deux histoires vraies, des histoires terriblement douloureuses mais qui prouvent les capacités de certains humains à pardonner et parfois à survivre grâce à cela.

Tout d’abord, l’histoire de Kim Phuc. Le 8 juin 1972, en pleine guerre du Vietnam, un photographe immortalise une petite fille qui court nue sur une route, en hurlant sa douleur. Alors âgée de 9 ans, Kim Phuc vient d’être gravement brûlée après un bombardement au napalm.

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