Miami à Pied…

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LE BRÉSIL NE CONVIENT PLUS … LES HAÏTIENS METTENT LE CAP SUR ETATS-UNIS ( MIAMI À PIED ) AU LIEU DE RENTRER AU BERCAIL.

Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 , le Brésil représentait la meilleure destination pour bon nombre d’haïtiens qui voulaient immigrer dans un pays étranger , en quête d’un mieux être . « Il ne faut jurer de rien  » ; c’est la règle générale , là-dessus l’unanimité est faite . Mais face à la crise économique que connaît le Brésil à l’heure actuelle , les haïtiens qui se trouvent là-bas valident l’exception de la règle . Ils jurent d’effectuer un voyage à pieds aux Etats-Unis , au péril de leur vie au lieu de retourner en Haïti .

L’expression  » miami à pied  » est le slogan du voyage . C’est une chronotation négative qui se révèle , malheureusement , dans la manière dont les voyageurs réalisent le parcours ( de Brésil à Etats-Unis ) . Parcourir environ 9 pays pour parvenir à la destination finale .C’est un voyage très long et difficile , surtout quand il s’agit de passer des nuits à la belle étoile , parfois dans des forêts , en attente de passage à chaque frontière . Ils ne savent à quel saint se vouer , cependant ils font un pèlerinage .

Les pèlerins , pour la plupart du temps , se réunissent à sãon paulo , puis se dirigent en bus vers Rio blanco , zone frontalière qui sépare le Brésil et le Peru .  De Rio blanco à Lima ( capital de Peru ) , il faut aller à bord d’un taxi . Question de plus de sûreté . Arrivés à Lima , la police péruvienne donne une carte d’accès à chaque voyageur , une permission qui les permettra de traverser la frontière de l’Equateur . Il faut préciser , bien sûr , que c’est pas souvent un exercice facile . C’est un voyage qui n’a pas de chef de file . Chaque passage estime à une importante somme d’argent et allant de 5 à 15 jours . Voilà pourquoi la durée du pèlerinage s’étend au-delà de 2 à 3 mois .

L’exercice continue ,de l’Equateur , ils partent pour la Colombie . La Colombie est le début des péripéties . Très souvent , les chauffeurs et le personnel de l’équipage des bus font des arrangements à certains policiers colombiens ou à d’autres individus anonymes en vue de fouiller les bagages des voyageurs et emporter leurs ressources ( vêtements , argents , bijoux etc ) . Après la Colombie , le trajet ne fait que commencer . Ils prennent la direction du Panama . De panama , ils continuent pour le Costa Rica et ensuite le Nicaragua . Si pour les immigrés haïtiens , face à la police des autres frontières , il n’y a pas de prière sans  » amen  » , pour la police de Nicaragua , la prière de ces haïtiens voyageurs n’a pas de  » amen  » . Vont – ils faire appel à la conscience de ces policiers ou à l’argent qu’ils ont en poche ?  Ni l’un ni l’autre ne fera pas  » amen  » de leur prière . La loi est dure , mais c’est la loi ! Cependant , d’une façon ou d’une autre , ils réussissent souvent à franchir la frontière débouchant sur Honduras . De Honduras à Guatemala , de Guatemala à Mexique , rien ne change , la situation reste et demeure compliquée . Ils n’ont toujours pas le choix . Soit ils traversent à pieds , en bus ou par voie maritime , soit ils marquent le pas là où ils se trouvent . Ils ne peuvent pas se faire le plaisir de leur acheter un billet d’avion , parce qu’ils n’ont pas de passeport en main . Quoi qu’ils soient résidés au Brésil , des documents comme le passeport et la carte de résidence ne font pas partie des accessoires du voyage ( miami à pieds ) .

Le Mexique est d’une grande importance . À tout prix il faut y arriver , c’est le pays voisin des Etats-Unis . Les résignés n’ont pas le choix , ils vont en prison en attendant que la police mexicaine les interroge sur l’objectif de leur voyage , leur destination finale etc . Pour le moins , selon Almeus Jean , l’un des voyageurs , le traitement là-bas , dans la prison au Mexique n’est pas si mauvais , mais une prison reste une prison .  » Yo ba nou manje 3 fwa chak jou , nou gen aksè pou n’ benyen . Tretman pa twò mal . Nou pa gen aksè ak telefòn paske prizon rete prizon  » . A – t- il déclaré .

Après plusieurs jours de prison , les voyageurs sont à présent libérés . Ils peuvent , enfin , acheter un billet d’avion pour les Etats-Unis , en tant que réfugiés , grâce à la permission de la police mexicaine . Arrivés à California ( USA ) , c’est pas la fin des péripéties .  » Il n’y a pas de canaan sans désert  » . Si au Mexique la prison ne laisse pas de très mauvais goût dans la bouche des prisonniers , à California , elle inculque souvent des souvenirs du dégoût dans leur tête .   » Yo pa ba nou dlo pou nou benyen . Si yon moun fè 10 jou anndan , l’ap fè tout jou sa yo san benyen . Se pen sèlman yo ba nou manje . Tretman pa bon menm nan prizon California . Yo mete 60 moun nan yon ti chanm 2 m 50 / 3″; Ont – ils expliqué d’une seule voix .

À California , le prisonnier pour retrouver sa liberté , il faut qu’il ait quelqu’un qui vit là-bas aux États-Unis et qui est disposé à le recevoir . Comment ça se déroule ? Le voyageur donne le nom de la personne , son adresse complète et un numéro de téléphone pour entrer en contact avec cette dernière . Quand tout est fin prêt , le pèlerin reçoit une carte qui lui donne un certain privilège dans le pays jusqu’à ce qu’il ait les autres documents légaux . Étant donné que cette carte ne lui donne pas accès au travail , l’état lui fournit , environ ,  340 USD sur un carton pour se nourrir jusqu’à ce que tout soit réglé.

Parler plusieurs langues , c’est pas mauvais … Voyager dans plusieurs pays , c’est une bonne chose ! Mais , il y a des questions de ce même cas de figure qu’il faut se poser  . Jusqu’à quand l’haïtien ne fera pas d’une langue étrangère sa priorité pendant qu’il vit en Haïti ? Jusqu’à quand l’haïtien ne changera pas de pays plus souvent que de souliers  .

Onald Michel @GadomiMag #GadomiMagazine

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